Pourquoi l’e-mail doit disparaître des salles de réunion

En réunion, on éteint les smartphones !

Extrait d’un article paru dans le Financial Times, lundi 27 juillet 2009.


Les directions devraient bannir de leurs réunions les Blackberries, iPhones et tous les appareils sans fil qui reçoivent des e-mails. Les distractions qu’ils génèrent contribuent sans aucun doute à la prise de mauvaises décisions. C’est vrai pour les réunions de toutes sortes. Mais dans le cas de directeurs d’entreprises, ne pas bannir ces appareils représente par principe un manquement à leur devoir financier envers les actionnaires.

Les appareils sans fil qui reçoivent des e-mails sont devenus fréquents dans les salles de réunion (et dans les réunions de toutes sortes). Tout le monde est devenu familier avec le rituel de la petite vibration, de la main qui s’agite vers une poche, de la tête et des épaules semi-prostrées dans une « prière Blackberry ». Deux ou trois minutes plus tard, ceux qui sont censés veiller aux intérêts des actionnaires et à la gouvernance de l’entreprise reviennent sur terre.

« Notre cerveau est incapable de se concentrer sur deux choses à la fois », observe Rene Marois, spécialiste en neuro sciences

L’attention est une ressource peu abondante, que des spécialistes en management ont même décrite comme la moins abondante dans la plupart des organisations. Diviser son attention entre deux tâches est quelque chose que les gens n’arrivent tout simplement pas à faire correctement.

« Une limitation intrinsèque du cerveau est son incapacité à se concentrer sur deux choses à la fois » confirme Rene Marois, spécialiste en neuro sciences au Laboratoire du traitement humain de l’information, à l’Université Vanderbilt (Tenessee, USA).

Cette idée est confirmée par une récente étude sur l’attention, menée par David Strayer et ses collègues de l’Université d’Utah (Utah, USA). Ils ont découvert que « les conducteurs qui téléphonent au volant sont plus souvent impliqués dans des collisions par l’arrière que… les conducteurs ivres. »

Un actionnaire préfèrerait que ses cadres dirigeants ne soient ni ivre, ni aveugle !

Les chercheurs décrivent cet effet comme une « inattention aveugle ». Beaucoup d’actionnaires apprécieraient que leurs directeurs ne soient ni ivres ni aveugles quand ils président aux destinées de leur société. Habituellement, lorsqu’un être humain veut faire correctement deux choses à la fois, l’une des deux choses doit être habituelle ou automatique. Par exemple, tenir une conversation en marchant. Mais dans une salle de réunion, rien n’est habituel ou automatique.

Quand un directeur commence à répondre à un e-mail, quelle est la tâche qui reçoit le plus d’attention de sa part : son message ou la réunion ? La réponse la plus plausible est : son message. Ce qui signifie qu’un directeur qui travaille à un e-mail consacre une ressource peu abondante à autre chose que ce pour quoi il est payé par les actionnaires. Si votre avocat vous facturait pour le temps qu’il passe sur le dossier de quelqu’un d’autre, vous le considéreriez, au mieux, comme négligent. […]

David Beatty et J Mark Weber

On septembre 21st, 2011, posted in: Blog by

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